Art contemporain
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L'expressionnisme abstrait est un mouvement artistique qui s'est développé peu après la Seconde Guerre mondiale et qui consiste à retranscrire ses pensées et ses sentiments avec des formes abstraites et des couleurs très variées.

Le mouvement est né à New York vers 1946 et a perduré principalement aux États-Unis jusqu'à 1970. Il se divise en 5 phases : la première génération, l'abstraction gestuelle (action painting), l'abstraction chromatique (colorfield), abstraction post-picturale et abstraction géométrique. Dans l'action painting l'idée est de donner de l'importance à la texture et à la matière ainsi qu'aux gestes de l'artiste. Dans le colorfield, c'est l'unification des couleurs et des formes qui est la plus importante.

Historique[]

L'expressionnisme abstrait apparaît en 1946, au cours d'une exposition à New York, financée par des fonds publics[1]. Cet art qui se voulait avant-gardiste, cosmopolite et apolitique fait se déplacer le cœur de l'art moderne de Paris à New York[2]. Cependant, l'expressionnisme abstrait suscite des débats au sein de la classe politique américaine. Les Républicains attaquent violemment ce courant et l'accusent d'être communiste. Au Congrès, ils dénoncent en outre les financements fédéraux qui sont attribués aux peintres expressionnistes. Le début des années 1950 voit le renforcement de cette opposition à cause du maccarthisme : les artistes soupçonnés de sympathies communistes[3] deviennent l'objet d'enquêtes (« chasse aux sorcières »).

Pourtant, la période est aussi marquée par le soutien du MoMA de New York, lui-même financé par la fondation Rockefeller. En 1952, le musée organise même un programme international de diffusion mondiale de l'expressionnisme abstrait. L'exposition The New American Painting n'a pas d'autres buts.

Analyse[]

Harold Rosenberg, dans un article du magasine Art News publié en 1952, a écrit : « (...) l’un après l’autre, les peintres américains commencèrent à considérer la toile comme une arène dans laquelle agir, plutôt que comme un espace où reproduire, redessiner, analyser ou exprimer un objet, réel ou imaginaire. Ce qui naissait sur la toile n'était plus une image mais un événement. »[4]

Selon Clement Greenberg « La conscience en tant que leitmotiv est née d’une idée de soi très profonde chez ces artistes. Le temps, l’identité et la relation au monde sont des données fondamentales ». Le principe qui soutient la théorie formaliste de Greenberg est l'autoréférentialité de l'œuvre. Le tableau ne réfère plus qu'à lui-même. C'est en quelque sorte la spécificité du médium. Toujours d'après Clement Greenberg, l'arrivée de la caméra libérait la peinture des contraintes du réalisme. Le médium pouvait donc prendre une orientation moins définie, plus abstraite, qui se rapprocherait davantage de la musique. On cherchait à reproduire rythme et harmonie.

Peintres (liste indicative)[]

  • Willem de Kooning (1904-1997)
  • Norris Embry (1921-1981)
  • Jane Frank (-1986) [1]
  • Oscar Gauthier
  • Arshile Gorky (1904-1948)
  • Adolph Gottlieb (1903-1974)
  • Philip Guston (1913-1980)
  • Elaine Hamilton (1920-) [2]
  • Marie Kettani (1946-)
  • Franz Kline (1910-1962)
  • Knox Martin (1923-)
  • Robert Motherwell (1915-1991)
  • Barnett Newman (1905-1970)
  • Jackson Pollock (1912-1956)
  • Mark Rothko (1903-1970)
  • Robert Rauschenberg (1925-)
  • Clyfford Still (1904-1980)
  • Yves Zurstrassen [3]
  • Jean-Paul Riopelle (1929-2002)
  • Antoine Mortier ( 1908-1999)

Sculpteurs[]

  • David Smith (1906-1965)
  • Mark di Suvero (1933)

Notes[]

  1. Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.118
  2. Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.117
  3. Dans les années 1930, Jackson Pollock fut communiste
  4. Harold Rosenberg, « The American Action Painters », dans Art News, décembre 1952
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