Art contemporain
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André Fougeron
André Fougeron en 1995.

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André Fougeron, né le 1er octobre 1913 à Paris, mort le 10 septembre 1998 (à 84 ans) à Amboise, est un peintre français.

Biographie[]

Autodidacte, André Fougeron se fait remarquer dès les années 1930 par sa participation, avec Édouard Pignon notamment, au groupe des « indélicats ». Libéré des obligations militaires, il s’engage en 1935, avec son ami Boris Taslitzky, dans le mouvement de la Maison de la culture dirigé par Aragon. Jean Cassou le retient pour figurer dans son exposition « L’Art cruel » en cette fin d’année 1937 où, après avoir songé à s’engager dans les Brigades internationales, Fougeron estime que son rôle est de témoigner en peintre. Il en sortira trois toiles dont deux seront exposées, Espagne martyre (Tate Gallery, Londres) et Mort et faim, Espagne. En 1939, il adhère au Parti communiste français.

Fait prisonnier sur le front de Belgique, il parvient à rejoindre la zone libre avant de se réinstaller à Paris et transforme son atelier en imprimerie clandestine. Il participe dans les années 1941 à 1943 aux expositions « Douze peintres d'aujourd'hui » avec, entre autres, Bazaine, Estève, Francis Gruber, Lapicque, Le Moal, Manessier, Pignon et Tal Coat.

André Fougeron reçoit en 1946 le Prix national de peinture. La toile Les Parisiennes au marché (musée d'art moderne de Saint-Étienne) exposée au Salon d'automne en 1948 et son article-manifeste « Le peintre à son créneau » le propulsent chef de file du « nouveau réalisme français » qui se veut dans la continuité de la peinture d'histoire à vocation sociale (Poussin, Le Nain, Courbet). Fougeron s'engage alors dans la voie du réalisme socialiste. Durant une période allant de la fin des années 1940 à la première moitié des années 1950, il est la figure officielle d'une campagne lancée par le PCF pour imposer un « art social », se présentant comme au service de la classe ouvrière, et participant à la propagande du parti, en prise directe avec la vie politique française. Ses tableaux participent alors au prolongement, en France, du jdanovisme artistique. En 1953, Fougeron participe ainsi à la campagne menée contre le Portrait de Staline par Picasso publié en 1953 par Aragon dans Les Lettres françaises. Aragon, qui encensait jusque-là Fougeron, attaque alors ce dernier de manière virulente.

Par la suite, le peintre se dirige vers un style figuratif plus critique et mélange les influences, empruntant à la photographie, à l'hyperréalisme et à la bande dessinée. Il réalise en 1968 une tournée dans les pays de l'Est mais son œuvre est peu à peu oubliée[1],[2].

Il laisse une œuvre de toiles, lithographies, aquarelles, dessins, présentes dans les musées tant nationaux qu’étrangers (de New York à Moscou) et des mosaïques-céramiques pour la cité technique de Sète ou des écoles de Pantin, Ivry-sur-Seine, Bagneux et d'Arcueil. Deux fresques en céramique, dont une signée et datée de 1959, ornant les murs de la cantine de l'école Joliot-Curie à Arcueil (94) sont détruites en avril 2010 lors de la démolition du bâtiment. Ami du maire communiste de Romilly-sur-Seine (Aube), Maurice Camuset (issu de la Résistance), André Fougeron a réalisé plusieurs tableaux se rapportant à cette ville ouvrière (sur la bonneterie et les ateliers SNCF du réseau est de la France), œuvres exposées dans différents établissements communaux de cette cité.

Expositions personnelles[]

  • 1951 : « Le pays des mines », galerie Bernheim-Jeune, Paris
  • 1968 : Musée Pouchkine, Moscou
  • 1973 : Espace des Cordeliers, Châteauroux
  • 1978 : Städtische Kunsthalle, Recklinghausen
  • 1987 : Galerie J. Dutko, Paris
  • 1994 : Rivages, Rennes
  • 1999 : « Hommage à A. Fougeron », Montrouge
  • 2014 : « André Fougeron (1913-1998) "Voilà qui fait problème vrai"», La Piscine, Roubaix[3]

Publications[]

  • Le Pays des mines, présenté par Auguste Lecœur et André Stil, Paris, Cercle d'Art
  • La Jacquerie, de Prosper Mérimée, préface d'Aragon, illustré par A. Fougeron, La Bibliothèque Française, 1946

Collections publiques[]

  • 1937 : Espagne martyre[4], Tate Modern, Londres
  • 1947 : Cuisinière endormie, musée La Piscine, Roubaix
  • 1948 : Les Parisiennes au marché[5], musée d'art moderne de Saint-Étienne
  • 1949 : Hommage à André Houllier[6], musée Pouchkine, Moscou
  • 1950 : Les Juges[7], musée national d'art moderne Georges-Pompidou, Paris
  • 1950 : Le Pays des Mines : Nos 3000 unité, en dépôt au Musée d'Archéologie et d'Histoire locale de Denain
  • 1950 : Le Pays des Mines : Les Cyclistes, en dépôt au Musée d'Archéologie et d'Histoire locale de Denain
  • 1952 : Le 18 mars 1871 l'enterrement du fils de Victor Hugo[8], musée national d'histoire et d'art, Luxembourg
  • 1953 : Civilisation atlantique[9], Tate Modern, Londres
  • 1953 : Les paysans français défendent leurs terres[10], musée d'art moderne de Saint-Étienne
  • 1953 : Retour du marché[7], Tate Modern, Londres
  • 1958 : Massacre de Sakiet[11], Tate Modern, Londres
  • 1976 : Tableau cynégétique[12], musée national d'histoire et d'art, Luxembourg

Monographies[]

  • Bernard Ceysson, Musée des beaux-arts de Pau, Musée d'histoire et d'art du Luxembourg, André Fougeron, André Fougeron (1913-1998) : A l'exemple de Courbet, Paris, Somogy Éditions d’Art, 2005, 96 p. (ISBN 978-2850568640)
  • Bruno Gaudichon, André Fougeron, Laurence Bertrand Dorléac, Sarah Wilson, Lucie Fougeron, André Fourgeron 1913-1998 : Voilà qui fait problème vrai, Montreuil, France, Éditions Gourcuff Gradenigo, 2014, 239 p. (ISBN 978-2353401765)

Notes et références[]

  1. « André Fougeron », article sur l'Encyclopedia Universalis.
  2. « Mort d'un camarade peintre. André Fougeron était une figure du réalisme social », Libération, 16 septembre 1998.
  3. Fougeron le maudit
  4. hst, 982 × 1 539 cm
  5. hst, 130 × 195 cm
  6. hst, 255 × 410 cm
  7. 7,0 et 7,1 hst, 195 × 130 cm
  8. hst, 300 × 500 cm
  9. hst, 380 × 559 cm
  10. hst, 280 × 400 cm
  11. hst, 970 × 1 950 cm
  12. hst 250 × 200 cm

Liens externes[]

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